Dossier | Usurpation d’identité

Posté le août 17, 2010 par Axel dans Ma famille numérique

Imaginez qu’un emprunt soit contracté au nom de votre enfant avant même qu’il ne soit assez vieux pour l’obtenir.

Je suis extrêmement frustré et je me sent violée que quelqu’un quelque part ait obtenu l’identité de mon enfant. J’ai également peur de ce qu’ils savent à propos de ma fille.

Ce sont les mots d’une maman américaine dont la fille vient d’être victime d’usurpation d’identité. Cette mère a découvert par les services fiscaux que quelqu’un utilisait l’identité de sa fille de 8 ans dans leur déclaration de revenus. Heureusement, la mère s’en est aperçu et a agit avant que plus de dommages ne soient fait.

Et ce problème n’est pas confiné aux États-Unis. Selon un rapport du Credoc, en France, l’usurpation d’identité fait plus de 210.000 victimes par an. Un Français a donc plus de chances de subir une usurpation d’identité qu’un cambriolage ou un vol de voiture.

ID usurpée par Bob

Or, les sommes en jeu ne sont pas négligeables. En effet, “le coût individuel moyen d’une usurpation d’identité se monte à 2.229 euros». Ces coûts incluent les détournements en eux même (argent, aides sociales, etc.) mais aussi le montant des démarches administratives et judiciaires, et les coûts supplémentaires générés par cet imbroglio (médecin, frais postaux). Après le remboursement par les assurances, le montant moyen restant à la charge de la victime est de 1.556 euros, bien que dans certains cas, l’histoire tourne au drame avec interdit bancaire, perte d’emploi, voire emprisonnement. Mais ces cas sont extrêmement rares et la plupart des usurpations ont de faibles conséquences et, comme nous le verrons, sont souvent évitables.

Comment les identités sont-elles usurpées ?

Même si internet a eu tendance à amplifier le phénomène, l’usurpation d’identité peut avoir lieu dans le monde bien réel. Par exemple, le point de départ est souvent un vol de papier. En règle générale, les usurpateurs commencent à s’approprier l’identité d’un autre en fouillant les poubelles, de particuliers ou d’entreprises. En premier lieu, ils reconstituent l’état civil complet : lieu de naissance et toute information qui peut s’avérer intéressante pour établir de faux papiers d’identité. Dans les pays en voie de développement comme l’Afrique, l’Asie… il arrive que des usurpateurs volent les papiers d’un touriste (carte d’identité, extrait de naissance, certificat de nationalité…) pour émigrer ensuite illégalement. Le vol dans les boîtes aux lettres permet aussi d’intercepter des moyens de paiement (carte d’identité, factures…) pour ensuite pouvoir demander des crédits.

Le téléphone est aussi un excellent moyen de récolter des informations précieuses. L’escroc se fait alors passer pour un enquêteur qui fait un sondage. Il commence le plus souvent par des questions générales, pour passer ensuite à des questions beaucoup plus précises. Le but est évidemment de connaître des informations personnelles comme votre date de naissance, votre numéro de votre carte bleu, votre numéro d’assurance maladie…

Comme nous le disions plus haut, l’arrivée d’Internet a permis l’émergence de nouvelles techniques d’usurpation. Ainsi, selon AVG technologies, ce sont 20.000 comptes Yahoo, AOL et Hotmail qui ont été piratés l’an passé et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Ces usurpations d’identité peuvent avoir des conséquences diverses : l’hameçonnage (ou phishing) qui permet de subtiliser les identifiants et mot de passe de vos compte, entre autre email, redirection de votre courrier vers une autre adresse, ouverture de compte à votre nom, publication de messages problématiques sur vos réseaux sociaux ou blog, piratage de votre carte bancaire … bref des ennuis que l’on préfèrerait éviter.

Comment réduire le risque d’usurpation d’identité ?

Quelques précautions suffisent souvent :

Sur Internet :

  • On ne répétera jamais assez l’importance du mot de passe. Évitez votre date de naissance, celle de vos enfants, votre surnom, des suites comme 12345 ou abcdef, etc et combinez dans votre mot de passe, des caractères minuscules et majuscules, des chiffres et des caractères spéciaux.
  • A éviter : utiliser le même mot de passe pour plusieurs, voire l’ensemble de ses comptes. Ça limitera les soucis et vous éviter d’avoir à tous les changer, si l’un d’entre eux est piraté!
  • Changez régulièrement ses mots de passe, et ne les communiquez à personne. Évitez au maximum de les écrire pour vous en souvenir, et si vous devez vraiment le faire, faites le loin de votre ordinateur.
  • Ne fournissez pas d’informations personnelles par email sans vérifier la nature de l’expéditeur. Faites par exemple attention aux mails de ce type semblant émaner par exemple de votre banque, de votre fournisseur d’accès Internet ou autre, ils peuvent être des faux. Vérifiez bien l’adresse email de l’expéditeur.
  • Ne pas donner son adresse e-mail dans n’importe quel formulaire. Créer un compte mail « pourriel » que l’on utilisera uniquement pour ces formulaires.

Dans la vie de tous les jours :

  • Signez votre carte de crédit et ne conservez jamais le code confidentiel d’une carte bancaire sur un morceau de papier. En cas de perte ou de vol de carte bancaire ou de chéquier, faites immédiatement opposition au plus vite auprès de votre banque.
  • Ne laissez pas trainer et déchirez avant de jeter tous les documents papier portant des informations personnelles, comme les factures, relevés de banque, tickets de cartes bancaires etc.
  • En cas de déménagement, faire suivre son courrier.
  • Ne fournissez pas d’informations personnelles par téléphone sans vérifier la nature de l’interlocuteur, par exemple en rappelant un numéro dont vous êtres sûrs.

De la même manière, faite bien comprendre à vos enfants l’importance de ne pas donner ce type d’information à des étrangers.

En cas d’usurpation d’identité

Heureusement, la loi nous protège. L’article 434-23 du code pénal punit de 5 ans de prison et de 75 000 euros d’amende, le fait de prendre le nom d’un tiers, dans des circonstances frauduleuses et sans l’accord du tiers.

A ceci s’ajoutent les peines pour  faux et usage de faux qui sont de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Si vous êtes victime d’une usurpation d’identité, vous disposez d’un délai de trois ans pour agir en justice. Dépassé ce délai, votre requête sera considérée comme caduque.

La première chose à faire est évidemment de porter plainte contre X dans le commissariat de police ou de gendarmerie le plus proche de votre domicile. Si les agissements contre vous sont très difficiles à démontrer, il ne faut pas hésiter à prendre un avocat.

Si l’usurpation d’identité dont vous êtes victime a eu des répercussions sur votre compte bancaire :

  • Fichage à la banque de France
  • Prélèvement de sommes important sur votre compte à votre insu
  • Fermeture de compte…

Dès que votre affaire d’usurpation a été jugée en votre faveur devant un tribunal, vous devez absolument faire parvenir, en lettre recommandée avec AR, une copie de votre jugement à la banque de France et à l’organisme financier concerné. Ces organismes ont l’obligation d’agir dans un délai de huit jours à compter de la réception de votre courrier.

Des conseils, des anecdotes ou des expériences à partager, n’hésitez pas à le faire en commentaire.

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Commentaires (2)

 

  1. Excellent article !

    Peut-être donner quelques adresses de pourriel en français ?

    (je n’ai que des versions anglaises)

  2. Axel dit :

    Merci Avétis. Ton avis sur le sujet est particulièrement apprécié ;)
    Je vais ajouter des adresses de pourriel français.

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