Facebook et vie privée: un modèle schizophrène
Posté le novembre 23, 2009 par Axel dans Ma famille numérique
Comme nous le rappelle le cas d’une jeune Québécoise, qui dit avoir perdu ses prestations d’invalidité à cause de photos publiées sur Facebook, il reste difficile de protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux.
En effet, selon The Canadian Press, cette femme de 29 ans en congé maladie pour une grave dépression se serait vu dire par un agent de son assurance que ses indemnités avaient été coupées à cause de photos trouvées sur son profil Facebook.
Même si les photographies supposées « fautives » incluent certaines montrant la jeune femme en train de s’amuser à un spectacle de Chippendales, à son anniversaire et durant des vacances au bord de la mer, l’assurance se défend d’avoir suspendu les indemnités d’un client sur la seule base de documents publiés sur Facebook.
Quel qu’en soit l’issue et l’impact des photos sur la décision de l’assureur, cette histoire prouve, comme beaucoup d’autres, que Facebook n’est pas des espaces de partages privatif.
Même si Facebook fait tout pour nous laisser croire que nous sommes entre amis sur ses pages, il reste qu’une grande partie du réseau est publique si les utilisateurs ne sont pas attentifs à leurs paramètres de sécurité. Il y est donc pour beaucoup difficile de contrôler son intimité. Et il est probable que Facebook et les autres réseaux sociaux gratuits aient intérêt à entretenir le flou, car c’est un point sur lequel leurs modèles économiques sont schizophrènes.
En effet, l’acceptation du réseau comme espace de partage entre amis passe par une garantie d’un certain niveau de protection de l’intimité et de la vie privée des membres. Hors, la monétisation des contenus et du réseau quant à elle passe par l’immixtion des annonceurs dans cette intimité. Les utilisateurs sont ils prêts à payer de leur intimité l’accès aux réseaux sociaux ?
En conclusion, le coté personnel des contenus sur les réseaux sociaux, qui pourrait apparaitre comme un avantage concurrentiel face aux moteurs de recherche comme Google, pourrait se retourner contre les médias sociaux si ils ne donnent pas à leurs utilisateurs des moyens efficaces de gérer leur vie privée.










